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Coups
de coeur > Essais

Jim Stanford
Petit cours d’autodéfense en
économie : L’abc du capitalisme

Ed. Lux, 496 pages,
fr. 29.60
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Qu’est-ce que la dette publique ? D’où vient l’inflation ? Le profit est-il source de progrès ? Le chômage est-il un mal nécessaire ? L’État nuit-il à l’investissement ? Y a-t-il d’autres formes d’économie que le capitalisme ? En fait, c’est quoi, l’économie ?
Mystérieuse et confuse, l’économie semble souvent hors de la portée du citoyen lambda, qui en paie pourtant les frais et les dividendes, et pas seulement lors des crises. Seuls les soit-
disant experts sont-ils autorisés à répondre à des questions dont dépend pourtant l’avenir de tous ?
Jim Stanford, professeur en économie, syndicaliste et militant, démystifie les rouages du capitalisme avec soin, et relève ainsi le défi de démontrer qu’il est à la portée de tous d’en comprendre le fonctionnement. Ecrit avec intelligence, un sens pratique aiguisé et des synthèses claires, ce livre est illustré par Charb, dessinateur satirique et directeur du journal Charlie Hebdo.
Un livre plus nécessaire que jamais ! |
David McCandless
Datavision

Ed. Robert Laffont,
224 pages, fr. 44.20
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Le travail de David McCandless s’inscrit dans ce qu’on appelle déjà le « data journalisme », qui tente de rendre intelligible les masses de statistiques, données brutes, chiffres, listes, fatras de l‘accumulation des données informatiques.
L’outil ? L’infographie : diagrammes, ensembles, camemberts, nuages, courbes, autant de traductions visuelles de l’information, présentées ici en miscellanées.
De l’épuisement programmé des matières premières aux différentes moustaches des dictateurs, des mythes de création aux sauces à salade, des façons de mourir au destin des groupes de rock, l’anecdotique côtoie ici l’information la plus vitale. Mais tout est beauté, tout est intelligence, tout est humour (noir parfois), tout est plaisir esthétique aussi, tant ces « tableaux » sont étonnants et inventifs.
Avec en arrière-fond, une fois de plus cette évidence fascinante : en choisissant l’angle de présentation, le filtre, le point de vue, l’échelle, on peut éclairer, mais aussi modifier le sens d’une information. Alors, laissons le charme agir, et imaginons encore d’autres datavisions… |
Eric Hobsbawm
Rébellions

Ed. Aden, 532 pages,
fr. 48.00
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L’œuvre d’Eric Hobsbawm est toute entière traversée par son intérêt pour la vie et les combats des gens simples. Dans Rébellions il montre la résistance des gens ordinaires. Avec la tradition radicale issue des briseurs de machines anglais ou des cordonniers politisés du xixe siècle, c’est la formation de la classe ouvrière que retrace Hobsbawm. Puis il s’attache aux gens de la campagne, à la paysannerie traditionnelle et aux grands mouvements d’occupation de la terre. L’histoire contemporaine ne manque pas non plus de sans grades.
En guise de conclusion, une série d’articles qui donnent sans doute à ce livre sa dimension la plus originale. Hobsbawm établit un lien entre la politique et l’émergence du jazz, qu’il considère comme un phénomène anti-commercial et antiraciste, et l’un des rares développements majeurs des arts à émaner entièrement des défavorisés.
Ses approches du jazz sont à mettre en lien avec Outsiders du sociologue Howard Becker pour écouter avec une oreille plus intelligente encore Count Basie, Duke Ellington ou Billie Holiday. |
John Vaillant
Le tigre : une histoire de survie
dans la taïga

Ed. Noir sur Blanc,
440 pages, fr. 26.50
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En Sibérie, dans le Primorié, au nord de Vladivostok, subsiste encore une des six espèces de tigre. Il n’en reste aujourd’hui plus guère que quatre cents individus. L’effondrement de l’URSS et la misère économique que connaît depuis la région, ainsi que la passion chinoise pour tous les produits dérivés des carcasses de l’animal, le menacent de disparition.
En 1997, un de ces tigres plongea les hommes de la région dans l’effroi en attaquant un braconnier avec une détermination hallucinante, dévorant l’homme et détruisant de fond en comble sa cabane. Qu’a donc fait cet homme pour mériter cette acharnement ?
Bientôt une nouvelle attaque survient, tout aussi violente. Iouri Trouch, responsable de la protection du tigre dans la région, se voit donc chargé de traquer et d’abattre l’animal qui sème la terreur.
Utilisant cette traque comme fil rouge de son récit, John Vaillant nous propose une vaste réflexion sur l’animal et sa cohabitation avec l’homme. Il nous fait découvrir les multiples facettes de la présence du tigre, biologique, éthologique, symbolique, géographique et économique, et bien sûr philosophique en fin de compte : qu’est-ce donc que survivre en ces régions au climat si dur ? |
ARCHIVES
Timothy Mitchell
Petrocratia

Ed. Ere, 113 pages,
fr. 23,60
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Dans l'essai Petrocratia. La démocratie à l'âge du carbone, l'auteur met en relation deux phénomènes majeurs de la modernité : l'évolution de la démocratie politique et la dépendance croissante à l'égard des ressources énergétiques fossiles. Il montre comment les transitions énergétiques successives, d'une énergie essentiellement de biomasse vers des combustibles fossiles comme le charbon à partir de 1 800 puis vers le pétrole à partir des années 1930, ont profondément transformé les rapports de force sociaux et politiques.
À partir d'une excellente maîtrise des nombreux travaux menés sur ces questions, il montre par exemple comment les mines et le développement du transport du charbon par barges au XIXe siècle ont conféré aux travailleurs de ces secteurs un rôle majeur dans la revendication des droits et ont contribué à de nombreuses avancées sociales. Il montre surtout que l'organisation technique, économique et politique du secteur pétrolier a modifié la donne au XXe siècle. Mitchell insiste beaucoup sur la plus grande légèreté des produits pétroliers, leur transport transocéanique par bateau qui permet de contourner les blocus. Mitchell souligne à quel point la diplomatie américaine au Moyen-Orient a systématiquement conforté les pouvoirs locaux conservateurs et non-démocratiques. Il propose ainsi une lecture originale de la fameuse malédiction de la rente pétrolière, fréquemment évoquée dans les travaux de sciences politiques |
Thierry Discepolo
La trahison des éditeurs

Ed. Agone, 205 pages,
fr. 21,-
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L'édition est la grande absente des analyses du rôle de l'industrie des relations publiques dans l'«éternel combat pour le contrôle des esprits». Pourtant, comme les autres médias, l'édition est depuis longtemps aux mains de grands groupes, souvent les mêmes. Et elle remplit la même fonction dans le maintien de l'ordre idéologique. Suivant la même logique de croissance par acquisition qui prépare la suivante, les grands éditeurs perpétuent l'existence d'un type d'acteur qui, du seul fait de sa taille et de son mode d'organisation, forge un monde social et économique face auquel les idées de changement ne pèsent pas grand-chose. La distinction artificielle entre «groupes de communication» et «groupes éditoriaux» occulte le rôle de ces entreprises dans une société à caractère de masse : transformer les lecteurs en consommateurs et limiter la capacité d'agir du plus grand nombre.
Écrit par un éditeur, ce livre propose à la fois une antilégende de l'édition et les bases d'une réflexion sur les responsabilités sociales et politiques de tout métier. Un questionnement qui prend une forme plus directe lorsqu'il touche à la diffusion d'idées : de quelles manières et sous quelles bannières défendre quels projets de société. |
Xavier Renou
Petit manuel de désobéissance civile

Ed. Syllepse, 141 pages,
fr. 13.40
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Faucheurs d'OGM, démonteurs de panneaux publicitaires, clowns activistes, dégonfleurs de 4x4 de ville, inspecteurs citoyens de sites nucléaires, intermittents du spectacle, activistes écologistes, hébergeurs de sans-papiers : tous pratiquent des formes différentes de désobéissance civile non violente.
Ces nouvelles formes d'action politique se multiplient, s'amplifient, se diffusent, notamment par le biais du collectif des Désobéissants. Connus pour leurs coups médiatiques, les Désobéissants organisent depuis trois ans des stages de désobéissance civile à destination de militants de toute sorte d'organisations (associatives, politiques, syndicales).
Ce manuel est issu de ces stages : pratique et très clair, c'est un véritable guide de formation. Il comporte une dimension théorique, avec des réflexions, toujours abordables, sur la désobéissance et la non violence ; les aspects pratiques des actions sont également détaillés, de leur organisation à leur réalisation ; enfin, deux parties sont consacrées aux médias (comment communiquer efficacement) et à la justice (évaluation des risques, guide juridique). Toutes ces parties sont illustrées par des exemples d'action et des photographies. |
Clifford Conner
Histoire populaire des sciences

Ed. L'Echappée, 559 pages,
fr. 49.-
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L'histoire des sciences enseignée dans les manuels scolaires ressemble au récit de faits d'armes d'une poignée de grands hommes à l'intelligence hors du commun. Pourtant les sciences et les découvertes scientifiques sont depuis toujours une oeuvre collective et hasardeuse.
Conner brosse en 500 pages le portrait d'une science faite par ceux dont l'histoire des sciences n'aura, dans le meilleur des cas, retenu que des anecdotes. Pourtant, tout au long des âges, l'effort scientifique véritable fut surtout celui d'une appropriation, parfois forcée et violente, du savoir d'illustres inconnus. Au point d'utiliser enlèvements et tortures, mais surtout trivialement oublis et omissions : ceux d'une historiographie prompte à taire les origines artisanales et populaires du savoir et de ses méthodes.
Conner met ainsi en lumière de façon enthousiasmante le rôle des gens ordinaires, des travailleurs et travailleuses, dans le développement des sciences.
L'Histoire populaire des sciences est accessible aux curieux et profitable aux savants. |
David Byrne
Journal à bicyclette

Ed. du Seuil, coll. Fiction & Cie
392 pages, fr. 40.30
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David Byrne, chanteur des Talking Heads, sillonne le monde de par son activité. Et il ne se contente pas de traverser la planète à coups de vols long courrier puisqu'il emporte toujours une bicyclette pliable dans sa valise. Ainsi, dès qu'il arrive dans une ville, il sillonne celle-ci sur deux roues. Démarche originale et sensée à la fois, puisque circuler à Berlin, Istanbul ou Buenos Aires est somme toute plus agréable à vélo qu'en taxi !
Dans son Journal à bicyclette, David Byrne nous livre ainsi ses impressions, entre petit traité d'urbanisme et journal de voyage dans les grandes villes du monde. Par des digressions, il évoque aussi les différences entre la manière dont on pense l'espace en Europe et aux Etats-Unis, ou la manière dont Berlin est marquée par son histoire et comment cela est palpable au détour des rues.
De la lecture de ce livre agréable et stimulant, on sort résolument convaincu que le vélo est vraiment le mode de transport du XXIe siècle. |
Isabelle
Fremeaux,
John
Jordan
Les sentiers de l'utopie

Ed. Zones, 318 pages + DVD,
fr. 47.50
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À la fois récit de voyage et documentaire fictionnel, ce livre-film propose un périple réel et imaginaire, une exploration lancée à la découverte de formes de vie postcapitalistes.
Pendant près d'un an, Isabelle Fremeaux et John Jordan sont partis sur les routes européennes, à la rencontre de celles et ceux qui ont choisi, ici et maintenant, de vivre autrement. Ils ont partagé d'autres manières d'aimer et de manger, de produire et d'échanger, de décider des choses ensemble et de se rebeller.
Depuis un «Camp Climat» installé illégalement aux abords de l'aéroport d'Heathrow jusqu'à un hameau squatté par des punks cévenols, en passant par une école anarchiste gérée par ses propres élèves, une communauté agricole anglaise à très faible impact écologique, des usines occupées en Serbie, un collectif pratiquant l'amour libre dans une ancienne base de la Stasi ou une ferme ayant aboli la propriété privée, ils ont découvert des Utopies bien vivantes dans ces interstices invisibles du système.
De cette expérience a émergé Les Sentiers de l'Utopie. Le texte est un récit captivant, qui raconte la vie de chaque communauté, ses pratiques et son histoire. Le film, un docu-fiction tourné pendant le voyage, se présente comme un road-movie poétique situé dans l'avenir. Les personnages et les lieux circulent du livre au film et, pas à pas, laissent deviner, dans les brèches du présent, les scintillements d'un autre avenir possible. |
Frédéric Lordon
Capitalisme, désir et servitude

Ed. La Fabrique,
213 pages, fr.20.20
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Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. |
Fritjof Capra
Léonard de Vinci :
homme de sciences

Ed. Actes Sud, 280 pages,
fr. 50.40
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Léonard de Vinci, ce grand sage de la Renaissance, se voulait peintre avant tout. Mais cet homme aux facultés intellectuelles et créatrices exceptionnelles était surtout un fin observateur du vivant, science qui relève de disciplines
différentes : l'eau, l'air, la géologie, le monde animal et végétal. C'est toujours avec un profond respect pour la vie, empreint de sensibilité et de délicatesse, que Léonard de Vinci a abordé les disciplines de son époque. Ses nombreuses idées et découvertes furent confinées dans les fameux carnets qu'il a tenus tout au long de sa vie.
Le physicien américain Fritjof Capra a pendant des années analysé les carnets du maître. Il en a tiré cet ouvrage important dans lequel il s'emploie à replacer la pensée scientifique de Léonard de Vinci dans la perspective des découvertes les plus récentes de la science moderne. Pour l'auteur, aucun savant de la Renaissance n'est autant en accord avec notre temps. |
George Orwell
Écrits politiques (1928-1949)
Ed. Agone, 400 pages,
fr. 47.50
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Bien connu du public francophone pour ses romans - en particulier 1984 -, George
Orwell reste encore largement méconnu comme penseur politique de la gauche radicale.
Ce recueil permet de suivre les engagements d'Orwell et l'évolution de sa pensée. Donnés à lire chronologiquement, ils parlent aussi bien de l'Espagne de la guerre civile, de la situation en Angleterre durant la guerre contre Hitler, de l'impérialisme britannique en Birmanie. Il y a là de longues réflexions sur le socialisme et la démocratie, sur ces intellectuels fascinés par le pouvoir et le totalitarisme, sur les rapports entre l'État, la société et la culture.
L'antitotalitarisme est devenu aujourd'hui une idée facile et convenue, mais il faut relire Orwell car, exempt de toute complaisance à l'égard du stalinisme aussi bien que du nazisme, il n'a jamais renié ses engagements en faveur des plus faibles. |
Fabrice Nicolino
Bidoche

Ed. LLL Les Liens Qui Libèrent,
392 pages, fr. 38.90
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Si vous cherchez, en vain, à chaque nouvelle année, une idée pour vos bonnes résolutions, ce livre va vous ouvrir des pistes ! Une aventure à travers le monde de la fabrication de la viande dont on ne revient pas indemne.
Fabrice Nicolino est journaliste : il se fait reporter assidu de toutes les étapes de production de ce qui finira dans notre assiette sous forme de poulet, de porc ou de bouf. Ce qu'il aura fallu d'antibiotiques, qui officiellement protègent des maladies mais qui surtout induisent une croissance accélérée des animaux : chiffres à l'appui, plus de la moitié de la consommation mondiale ! Des hectares de forêt amazonienne qui sont détruits pour y cultiver du soja (transgénique) nécessaire à l'alimentation des animaux de notre continent. Ce qui implique à la fois le déplacement ou la mort de populations indigènes et un déséquilibre écologique. Voyez les traitements infligés aux animaux lors de l'insémination artificielle qui permet une reproduction forcée, dans des délais moindres. Et encore, et encore., à vous de le découvrir !
Mais comment tout cela est-il possible ? La complicité des états, les mensonges des industriels. Y a-t-il des responsables, des coupables ?
L'auteur cite des noms, des laboratoires, des instituts officiels ; il aligne des chiffres, sans jamais nous écourer, si ce n'est par le fond de l'histoire. La catastrophe pointe à notre porte, nous fonçons dans le mur. Que faire ? Il y a une solution ! Diminuer notre consommation de bidoche ! |
Daniel Cohen
La prospérité du vice :
une introduction (inquiète) à l'économie

Ed. Albin Michel, 280 pages,
fr. 38.80
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Voici bien plus qu'un livre d'économie. Daniel Cohen associe ici avec un grand talent de synthèse et de vulgarisation, histoire, économie, relations internationales.
En peu de pages pour un projet aussi ample, il n'éclaire rien moins que l'histoire de l'humanité depuis ses origines, et fait comprendre l'inexorable « occidentalisation du monde ».
Daniel Cohen parvient à nous faire comprendre les thèses d'Adam Smith, Malthus, Marx, Kondratiev ou Keynes en quelques lignes accessibles à tous et souvent lumineuses.
De l'époque paléolithique jusqu'à la mondialisation actuelle et la crise des subprimes, Daniel Cohen développe une thèse que beaucoup partagent mais n'ont pas forcément expliquée avec le même talent, ni le point de vue de l'économiste : ni le commerce, ni la saine concurrence, ni la croissance, ni la prospérité et la hausse du niveau de vie n'ont été ni ne seront des gages de paix et de bonheur. |
Fabrice Midal
Risquer la liberté : Vivre dans un monde sans repères

Ed. du Seuil, 235 pages, fr. 38.50 |
«On ne peut plus s'appuyer sur l'enseignement des religions, mais il est possible de faire confiance à notre instinct spirituel le plus profond.» Fabrice Midal, philosophe et chargé de cours à l'université Paris-VIII, se dit bouddhiste laïque, à l'occidentale. Il nous convie à inventer une spiritualité hors des carcans religieux, avec une dimension éthique. Dans un monde où tout s'uniformise et où les repères tentent à disparaître, le philosophe nous propose de donner toute leur importance à l'art et à la poésie, et fait souvent référence à Rilke, Ginsberg, Cézanne et Nietzsche. Il nous faut comme eux sortir des sentiers battus et utiliser la spiritualité ni comme consolation ou moyen d'éviter la souffrance, ni comme refuge ou enfermement égoïste dans une tour d'ivoire, mais comme un moyen d'affronter la réalité avec une conscience avertie «Si la parole du Bouddha est vraie, autant l'oublier pour la redécouvrir chaque fois au vif de l'expérience. Ne jamais suivre ou céder, rester indomptable, aimer, et risquer la liberté !» |
Michèle Petit
L'art de lire ou comment résister à l'adversité

Ed. Belin, 230 pages, fr. 34.60 |
Voici de quoi se donner des ailes alors que la crise tonne et résonne de tous côtés !
Michèle Petit est anthropologue et mène ses recherches principalement sur la lecture. Après "Eloge de la lecture. La construction de soi"(2002), ce nouvel essai passionnant rend compte d'expériences menées dans des pays en crise, en guerre ou dans des milieux pauvres. On voit comment des populations en souffrance se réunissent et se reconstruisent autour de récits, d'histoires, même de BD. Tous les chemins sont bons, par exemple la force de l'oralité, comme une phase clé de la construction de soi et de la relation à l'autre.
Et la détresse n'a ni frontière ni classe sociale. Le cas de New York est très parlant : les images du 11 septembre 2001 tournaient en boucle sur tous les écrans, et les librairies de Manhattan étaient prises d'assaut...
Au-delà du livre, c'est bel et bien la lecture qui est un formidable acte de résistance face à une réalité précaire, violente ou castratrice. Et à l'image du message qu'il véhicule, ce livre est rassénérant, stimulant et lumineux.
En ces temps agités, un seul mot d'ordre : résistons !
(Comprenez : lisons !) |
Mike Davis/Daniel B. Monk (direction)
Paradis infernaux

Traduit de l'anglais
Ed. Prairies ordinaires,
314 pages, fr. 44.60
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Jamais depuis les années 1890, la richesse et la consommation de luxe n'ont été aussi isolées et socialement enclavées. Comme le démontre cette série d'études urbaines saisissantes (Le Caire, Pékin, Johannesburg, Dubaï, Kaboul, Managua, etc.), la logique spatiale du néolibéralisme remet au goût du jour les schémas coloniaux les plus extrême. Partout, les riches et presque riches s'enferment dans des enceintes somptueuses, des villes de loisirs et des répliques de banlieues californiennes idéalisées.
Paradis infernaux est un anti-guide d'espaces fantasmagoriques, de réalités alternatives construites comme des utopies dans une ère de néocapitalisme. Le livre a un air de science-fiction, mais il décrit une réalité effrayante. Sur une planète où plus de deux milliards de gens vivent avec deux dollars par jour, ces mondes de rêve attisent des désirs - de consommation illimitée, d'exclusion sociale et de sécurité physique totales, d'architecture monumentale - clairement incompatibles avec la survie écologique et morale de l'espèce humaine. |
Alexandre Jollien : la philosophie de la joie
Commentaire de Bernard Campan

Ed. Textuel, 86 pages et un CD audio, fr. 48.90
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La bonne idée de ce livre est le document sonore qu'il apporte...
Les propos d'Alexandre Jollien sont saisissants et le lire est une source de joie (pour rester dans la thématique !!). Mais l'entendre est encore une toute autre expérience. Son élocution est particulière mais limpide. L'entendre nous rappelle son handicap, et donne une extraordinaire perspective à ses mots.
Tout ce qu'il dit, il l'appuie en citant les philosophes. C'est un peu comme s'il citait des amis qu'il côtoie régulièrement. Il ne parle pas en l'air, il ne parle pas pour parler ou pour se mettre en scène. Et l'écouter, c'est un peu recevoir de sa joie et de son authenticité.
Quant au livre, il donne une relecture de la pensée de Jollien par Bernard Campan. Non, ce n'est pas une blague, cet " Inconnu " a fait du chemin et semble avoir tissé une belle amitié avec notre philosophe !
Un document empreint de sensibilité et de force, et qui offre de quoi se nourrir pour attaquer la nouvelle année. |
Taras Grescoe
Le pique-nique du Diable : un tour du monde des fruits défendus

Ed. Noir sur Blanc, 384 pages,
fr. 39.-
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Tour du monde en neuf délices prohibés : voilà le voyage auquel nous convie l'auteur, non sans quelques risques. Il a goûté pour nous, de l'amuse-gueule au dessert, des mets ou des breuvages qui un jour, mais la plupart du temps aujourd'hui encore, demeurent interdits dans un lieu ou l'autre de la planète.
Sait-on que les chocolatiers avaient autrefois été chassés de Bayonne ? Se rappelle-t-on que la levée de l'interdiction de l'absinthe en Suisse ne remonte qu'à 2005, ou que les biscuits au pavot restent tabous à Singapour ?
Autour de chacun des sujets choisis, l'auteur mène l'enquête, goûte, prend des risques, plonge dans l'histoire et poursuit une réflexion sur les prohibitions et leur raison d'être.
Un essai à la portée de tous ceux qui aiment braver les interdits et pour les autres aussi ! |
Naomi Klein
La stratégie du choc

Traduit de langlais (Etats-Unis)
Ed. Actes Sud, 672 pages, fr. 49.-
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Qu'y a-t-il de commun entre le
coup d'état de Pinochet au Chili en 1973, le massacre
de la place Tiananmen en 1989, l'effondrement de l'Union soviétique,
le naufrage de l'épopée Solidarnosc en Pologne,
les difficultés rencontrées par l'Afrique du Sud
post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en
Irak, le grand tsunami de 2004, le cyclone Katrina, l'année
suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux,
encore aujourd' hui ?
Tous ces moments de notre histoire récente, répond
Naomi Klein, ont partie liée avec l'avènement
d'un «capitalisme du désastre». Approfondissant
la réflexion entamée avec No logo Naomi Klein
dénonce, ici, documents à l'appui, l'existence,
depuis plus d'un demi-siècle, de stratégies concertées
pour assurer la prise de contrôle de la planète
par les multiples tenants d'un ultralibéralisme qui a
systématiquement mis à contribution crises, désastres
ou attentats terroristes - et qui n'a pas hésité,
du Chili de Pinochet à Guantanamo - à recourir
à la torture sous diverses formes pour substituer aux
acquis des civilisations et aux valeurs de démocratie
la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.
Un livre effrayant et captivant. |
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Normand Baillargeon
Petit cours d'autodéfense intellectuelle

Ed. Lux, 338 pages, fr. 40,60 |
Normand Baillargeon, professeur
en sciences de léducation à Québec,
propose avec son Petit cours d'autodéfense intellectuelle une caisse à outils qui nous permettra de mettre de côté
les "croyances" pour mieux nous approcher de la réalité.
Rédigé dans une langue claire et accessible, rythmé
de nombreuses citations, références, exemples
et quelques dessins de Charb, cet ouvrage constitue une véritable
initiation à la pensée critique : langage, logique,
rhétorique, nombres, statistique, probabilités
tout est examiné. Certains passages barberont
peut-être les moins cartésiens, et d'autres les
moins libertaires. L'ensemble compose cependant un guide à
placer tout près de sa télévision ou de
son quotidien et à avoir en tête quand on croise
un charlatan. |
Alain de Botton
Larchitecture du bonheur

Traduit de langlais
Ed. Mercure de France, 328 pages, fr. 44.70
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Dans cet essai stimulant, Alain
de Botton nous parle de maisons à travers le monde, de
chaises, de plafonds déglise, de robinets
Et il ne fait pas quen parler, il nous les montre dans
une large palette de photos noir/blanc.
Tous ces éléments, qui composent la toile de fond
de nos sociétés, tendent au bonheur, à
un idéal. Mais évidemment, cet idéal se
modifie dans le temps et dans lespace, ce qui explique
nos paysages urbains extrêmement hétérogènes,
voire hétéroclites !
Grâce à son ton vif et érudit, ce livre
propose une agréable promenade doublée dun
manifeste pour une architecture toujours en quête de beauté
et donc de bonheur.
" Nous devons aux champs et aux prairies de faire en sorte
que nos maisons ne soient pas inférieures à la
campagne virginale quelles ont remplacée. Nous
devons aux vers de terre et aux arbres de veiller à ce
que les bâtiments dont nous les recouvrons constituent
des promesses des plus hautes et intelligentes formes de bonheur.
" |
Nico Hirt
Déchiffrer le monde :
contre-manuel de statistiques
pour citoyens militants

Ed. Aden, 144 pages, fr. 28.70
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Taux de criminalité parmi
les jeunes issus de limmigration, prix du pétrole
et mondialisation, sommes-nous tous membres de la classe moyenne,
les États-Unis sont-ils vraiment les principaux libérateurs
de lEurope ?
À partir de quelques exemples simples tirés de
la presse, Nico Hirt nous initie aux concepts de base de la
statistique, qui sont clairement résumés en fin
de chaque chapitre. Il nous invite ainsi à nous
approprier ces outils pour observer le monde
correctement, et nous permettre ainsi de ne pas accepter certains
raccourcis apparemment plein de " bon sens " et autres
idées reçues étayées par quelques
chiffres tronqués.
Un livre utile, efficace, intelligent, à mettre entre
toutes les mains reliées à un cerveau
désireux de fonctionner. |
Rosa Luxemburg
Dans lasile de nuit

Ed. LHerne 2007, 124 pages, fr. 19.30
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Dans l'asile de nuit regroupe
le texte éponyme et les lettres de prison que Rosa Luxemburg
adressa à Sonia Liebknecht, de 1916 à 1918.
La bouleversante grandeur de Rosa Luxemburg, jusquau fond
de sa prison, se dévoile ici par un immense et paradoxal
amour de la vie. Toute chose, à ses yeux, est comme sacrée.
Elle s'attarde longuement sur les oiseaux, le ciel, les plantes,
elle compatit aux souffrances des hommes en guerre, bien sûr,
mais autant peut-être à celles de ce buffle tirant
un chariot et qui "regardait droit devant lui avec un air
denfant en pleurs".
Une lecture profondément émouvante et stimulante. |
Erwin Wagenhofer et Max Annas
Le marché de la faim

Traduit de lallemand
Ed. Actes Sud 2007, 192 pages, fr. 34.90
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Ce petit livre très accessible
est un complément au film We Feed The World, issu dune
grande enquête internationale et encouragé par
Jean Ziegler, rapporteur spécial de lONU pour le
droit à lalimentation. Il nous donne des informations
sur les origines de ce que nous mangeons, qui cultive, où,
dans quelles conditions, quelles sont les conséquences
économiques, sociales et écologiques pour les
pays producteurs avant tout, et quelles sont aussi les conséquences
sur la qualité des produits que nous consommons. Une
analyse de la politique des multinationales de lagroalimentaire
et de ses ravages, un sujet essentiel qui fait réfléchir
et nous incite à utiliser un de nos derniers droits de
consommateurs : celui de choisir ce que nous achetons ! |
Sven Lindqvist
Terra nullius

Traduit du suédois
Ed. les Arènes 2007, 264 pages, fr. 29,40
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Sven Lindqvist écrit des
livres surprenants, qui mêlent choses vues, vécues,
documentation, pamphlet. Il est notamment lauteur du remarquable
Exterminez toutes ces brutes (qui vient dêtre réédité
par les Arènes) où à partir dune
phrase dun roman de Joseph Conrad, il partait à
la recherche des fondements idéologiques qui justifièrent
lanéantissement de peuples au nom du " progrès
" et de la " civilisation ".
Dans Terra nullius, ce thème revient, mais il sagit
ici dune enquête sous forme de carnet de voyage
sur limposture des hommes blancs qui sapproprièrent
lAustralie en la décrétant "Terra nullius",
cest-à-dire terre inhabitée qui nappartient
à personne.
Cest donc à un voyage souvent accablant que Lindqvist
nous convie: il égrène tout au long de son périple
australien une multitude de faits retraçant la négation
systématique de lhumanité même des
Aborigènes, dont la culture ne fut reconnue dans sa grandeur,
sa richesse, et sa spécificité que tout récemment.
Il évoque la formidable capacité des Aborigènes
à préserver malgré tout des pans entiers
de leur culture en utilisant parfois la technologie de lhomme
blanc: en particulier la radio qui véhicule à
nouveau leur langue et leurs chants à travers les airs. |
Olivier Bardolle
Des ravages du manque de sincérité dans les
relations humaines

Ed.L'Esprit des Péninsules,
142 pages, fr. 24.40
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"On sait bien que la société
humaine ne survivrait pas à une semaine de franchise
totale."
Dans un style enlevé, Olivier Bardolle dresse le portrait
de la société que nous formons, les uns avec les
autres, dans une absence de franchise crasse. Car c'est par
l'intermédiaire de chacun d'entre nous que se forme cette
communauté étrange.
La sincérité n'est pas synonyme de transparence,
qui ne serait pas profitable au groupe. Il s'agit plutôt
d'honnêteté, au sens premier du terme.
De l'espace public à la sphère privée,
la sincérité a laissé la place au détachement,
au cynisme. Bien sûr, cela demande du courage, et nous
sommes trop fragilisés par un système qui nous
dépasse.
Pour se remettre les idées en place et nous rappeler
que c'est entre nous que ça se passe, ce petit livre
est vivement conseillé! |
Mais qui mange les guêpes
?
et 100 autres questions idiotes et passionnantes

Ed. du Seuil, 188 pages, fr.26.90
|
L'hebdomadaire New Scientist ouvrit
en 1994 une rubrique originale: les lecteurs sont invités
à répondre aux questions d'autres lecteurs. Ce
livre nous présente les meilleurs extraits de ces échanges.
Pourquoi la bière perd-elle sa mousse quand il fait chaud
? Que se passerait-il si la lune disparaissait ? Jusqu'où
va une vague ? Combien pèse un nuage? Pourquoi les oiseaux
migrateurs volent-ils en V ?
Notre curiosité est infinie, surtout quand elle est stimulée
par celle des autres
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Jean-Pierre
Dupuy
Petite métaphysique
des tsunamis
Ed. du Seuil, 112 pages, fr. 17.90 |
Jean-Pierre Dupuy poursuit dans
ce livre sa profonde réflexion sur le mal et la catastrophe,
initiée dans Pour un catastrophisme éclairé (coll.
Points, fr. 15.90). Si ce dernier livre s’était
achevé sous l’empreinte du 11 septembre 2001,
celui-ci, comme son titre l’indique, fut orienté dans
sa dernière mouture par le choc du tsunami de décembre
2004. Dupuy a entre-temps découvert la pensée
de Gunther Anders dominée par la prise de conscience
de ce bouleversement total qu’a vécu l’homme
au XXe siècle: il a maintenant les moyens de détruire
la planète, tant par l’arme atomique que par son
empreinte sur l’environnement. Il nous invite au "deuil
de l’avenir": "nous sommes entrés
sans retour possible dans une ère dont l’horizon
est l’autodestruction de l’espèce".
Dupuy ne propose pas un programme d’action. "Il
serait bon que l’humanité, avant d’entreprendre
quoi que ce soit lorsque, dans la panique, elle découvrira
l’étendue du désastre, se donne les moyens
de marquer une pause et de contempler le prodige qu’elle
est en train de vivre : elle accède à la conscience
de soi au moment même ou sa survie est en question.".
Deux livres importants que chacun devrait lire. |
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Benoît Lambert
Cyclopolis: contribution à l'histoire de l'écologie
politique
Ed. Georg, 288 pages, fr.
48.- |
Cyclopolis retrace les sources
idéologiques et les mouvements civiques des opposants
au "tout voiture". Partant des associations de cyclotourisme à un
nouvel urbanisme dit "post-automobile", le livre
retrace avec beaucoup (mais pas trop) de chiffres le développement
de l'écomobilité dans divers pays sur tout le
continent.
Une lecture intéressante, qui ouvre de nouveaux horizons
et donne l'espoir que même Genève puisse un jour
devenir une deuxième Copenhague. |
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Nicole Lapierre
Pensons ailleurs
Ed. Stock, 300 pages, fr. 40.50 |
Nicole Lapierre nous dit
qu'il n'est pas d'héritage culturel sur lequel veiller jalousement
en le défendant de toute influence extérieure.
Il n'est de pensée et de culture vivante qu'ouverte,
en contact permanent avec d'autres mondes, en confrontation
avec d'autres espaces.
Pensons ailleurs
se construit autour de quelques figures emblématique
d'une pensée qui se développe parfois à cheval
sur les frontières : Walter Benjamin (l'homme des passages),
Georg Simmel (l'homme des ponts), Edward Said, ou encore John
Howard Griffin et Günther Walraff, qui à trente
ans d'écart tentèrent de passer la frontière
en prenant la peau "de l'autre".
L'éloge de la culture métisse, de la pensée
transculturelle, est certes à la mode. Mais Nicole Lapierre
nous rappelle dans ce très beau livre qui fourmille
d'anecdotes émouvantes et attachantes, que des hommes
ont construit ce regard différent sur le monde au prix
l’exil, de l’errance, ou du déni de soi. |
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